retour


TÉMOIGNAGE. 

« Tout est parti d’un SMS » Kelly, victime d’une arnaque téléphonique qui explose

Kelly Boujnah, 34 ans, en a fait les frais. En janvier, cette mère de famille, créatrice de joaillerie, s’est fait soutirer la coquette somme de 1 500 €. Et tout a commencé « bêtement », avec un simple SMS : « On me proposait de renouveler ma carte Vitale, raconte cette Lyonnaise, la voix encore empreinte de colère. Je clique sur le lien et j’arrive sur un site qui ressemble trait pour trait à celui de la Sécurité sociale. »

Elle n’y voit que du feu, et entre ses identifiants. « Ils me proposent de me faire livrer ma carte Vitale pour quelques euros et je donne mes coordonnées bancaires. Avec du recul, je trouve ça complètement débile. Mais c’est un enchaînement d’inattentions : j’étais fatiguée, je voulais que ça aille vite… Je ne me suis doutée de rien. »

Le lendemain soir, son téléphone sonne : « Au bout du fil, la personne se présente comme une agente de ma banque faisant partie d’un service dédié aux arnaques. » L’agente, à la voix angélique, l’informe qu’elle a remarqué un mouvement anormal sur son compte : un achat de 600 €.

Le cœur de Kelly s’emballe, elle ne comprend pas. « Elle me demande si j’ai récemment cliqué sur un SMS de la Sécurité sociale, que c’est une arnaque courante, qu’ils ont piraté ma carte. À ce moment-là, je lui fais confiance parce qu’elle connaît tout de moi et de mes comptes. Mais en fait, c’est elle l’arnaqueuse.»

1 500 € dérobés en moins d’une heure

La prétendue banquière l’informe que les voleurs tentent de faire plusieurs paiements. Des sommes toujours plus importantes. Elle lui dit qu’il faut agir vite et lui demande d’ouvrir son application pour valider des opérations, afin de bloquer ces transactions. Mais en réalité, Kelly est en train d’accepter les débits et ouvre la porte de ses comptes à l’arnaqueuse.

Au bout d’une heure d’échange, la trentenaire raccroche. Mais dans les jours qui suivent, elle ressasse l’appel et un virement anormal lui met la puce à l’oreille. Dans le bureau de sa véritable conseillère, elle comprend qu’un piège s’est refermé sur elle. Elle fait opposition, mais c’est trop tard : 1 500 € se sont envolés. « Je suis cheffe d’entreprise, je travaille sur le numérique, je ne suis pas née de la dernière pluie, mais là… C’est tellement bien fait et ça va tellement vite, qu’on tombe dedans. Ça peut arriver à tout le monde. »

Kelly a porté plainte et est entrée en bras de fer avec sa banque, qui refuse de la rembourser. Elle n’y est légalement pas tenue, la Lyonnaise ayant accepté de son propre chef l’accès à ses comptes. « Ils disent que c’est ma faute. Je suis très en colère, il n’y a personne pour m’aider. »